Cette étape est annoncée sans difficulté majeure, mais longue
(au minimum 6h de marche). Les pauses devront être écourtées.
Pour quitter le Pigeonnier, nous contournons la crête sur
laquelle les bouquetins ont passé la soirée. Dès le début, le chemin est
difficile pour moi. Hier soir, j’ai lu un article qui qualifie la vallée du
Valgaudemar d’ « Himalayenne ». Je confirme le néologisme. Cet
endroit est particulièrement escarpé et le poids du sac ne facilite pas les
choses. Bref, les mains moites, je parviens quand même à franchir quelques
passages schisteux délicats. Comme pour me rassurer, nous avançons sur le flan
du Vaccivier plus tranquillement.
Une nouvelle difficulté survient
bientôt : une longue descente dans les cailloux et dans un couloir trop
serré. La difficulté me coûte beaucoup d’énergie. Nous parvenons bientôt au
bord d’un torrent. Nous faisons halte près de la passerelle qui nous permettra de le franchir.
Juste une petite
partie de cartes et 3 rondelles de saucisson ; n’oublions pas notre bonne
résolution de ce matin. Les pieds libérés des chaussures de rando se délectent
de la fraicheur de l’eau du torrent.
Tiens, voilà un troupeau de moutons, ils viennent par ici… Ah, en plus, ils traversent la passerelle. Mais combien sont-ils, 100 ? la passerelle n’est pas assez large, 500 ?
Tiens, voilà un troupeau de moutons, ils viennent par ici… Ah, en plus, ils traversent la passerelle. Mais combien sont-ils, 100 ? la passerelle n’est pas assez large, 500 ?
Ils font la queue avant de franchir le
torrent. Une brebis tombe à l’eau. Quelques moutons noirs colorent le troupeau.
1 000 plutôt ? Il en vient encore là-bas sur le versant opposé. Ce défilé est impressionnant. Ils savent où ils vont. Nous sommes à 2 pas mais ils nous ignorent. 1 500, c’est sûr ! Le berger n’est toujours pas en vue. Bon, eh bien, nous pouvons faire 2 ou 3 autres parties de cartes, le temps que la passerelle se libère parce que si on reste à compter les moutons… Voilà que ça se termine, ils étaient peut-être 2 000. Le berger et son Patou ferment la marche, c’était beau.
1 000 plutôt ? Il en vient encore là-bas sur le versant opposé. Ce défilé est impressionnant. Ils savent où ils vont. Nous sommes à 2 pas mais ils nous ignorent. 1 500, c’est sûr ! Le berger n’est toujours pas en vue. Bon, eh bien, nous pouvons faire 2 ou 3 autres parties de cartes, le temps que la passerelle se libère parce que si on reste à compter les moutons… Voilà que ça se termine, ils étaient peut-être 2 000. Le berger et son Patou ferment la marche, c’était beau.
En route !
Nous découvrons maintenant un autre visage de la
montagne : le plateau de Tirière.
Cette vaste étendue en altitude nous procure une très belle vue sur la vallée. Nous pique-niquons là. Il ne reste plus rien de la cabane de Tirière. Ici, tout parle d’austérité, de rigueur, et même si la belle saison et la météo particulièrement clémente de cette semaine nous montrent le profil agréable de cet univers, on devine une autre saison à la fois longue, rude et rigoureuse.
Après le plateau, nous contournons encore les flancs de ce
massif. A la cabane du Pis, un champ de fleurs s’offre à nous, une
variété d’orchidées sauvages d’un rose presque mauve.
Nous poursuivons et malgré notre marche dynamique, toujours pas de refuge en vue. A force de contourner la montagne, nous changeons maintenant complètement de paysage. Ici, c’est minéral, les pentes sont abruptes, c’est le gris qui domine et plus haut les plaques blanches des glaciers irréductibles.
Chabournéou est en vue, nous pouvons faire une pause. Pour
l’atteindre, il nous faudra aller jusqu’au fond du vallon qui est le seul
endroit où le torrent est franchissable. Sa traversée est rendue périlleuse par
l’absence de passerelle et par l’orage d’hier soir qui l’a singulièrement
gonflé.
C’est donc les pieds
mouillés que nous parvenons à Chabournéou. Le refuge est vieillot, les
sanitaires à l’écart, la douche solaire, les gardiens organisés, l’ambiance
agréable.
Bientôt un groupe de 16 jeunes arrivent (nous avons bien
fait de prendre notre douche en arrivant).
Le repas n’est pas génial, mais au dessert les chamois nous
gratifient de leur présence. Quel spectacle. Je ne m’en lasse pas.
Superbe journée !
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